A propos de la peinture de Giorgio Petracci

Si, dans notre civilisation de l’image hyper-saturée, la peinture obéit encore à une logique qui en légitime la pratique et l’existence, c’est bien sa capacité à rompre la représentation, à fissurer la surface LCD glissante derrière laquelle la réalité se forme et agit. Même imperceptible, cette fissure aurait des effets durables et ravageurs, vouée qu’elle est à s’élargir toujours d’avantage. C’est précisément autour de cette idée de fissure que Giorgio Petracci- peintre, designer, artisan de l’abstraction, développe ses recherches depuis plusieurs années. Des fissures, ses fissures, qui ouvrent sur des espaces aussi bien matériels qu’imaginaires.

La fissure de la plaie dans la chair, la fissure dans l’atmosphère qui entoure le globe terrestre, la fissure sur l’écran d’un smartphone, la fissure dans l’enceinte extérieure d’un bâtiment, qui ne permet pas de voir l’intérieur mais enveloppe le spectateur dans un autre espace-temps. Ainsi la peinture en tant que système de vision devient-elle un outil à apprécier la relation entre le corps humain, le cosmos et la psyché, où la plaie sanglante est l’équivalent d’une explosion galactique, mais seulement dans la mesure où le cerveau peut la déchiffrer comme telle. Après cela, il n’y a que le vide.

Après avoir naïvement confié la représentation aux technologies numériques, et puisque nous ne sommes plus capables de dépeindre le réel à main levée, c’est comme si celui ci revenait sur ses pas, sur les diverse phases à cristaux liquides, et se décomposait sous nos yeux- une sorte de big-bang à rebours : de l’image haute définition qui peut être agrandie en écartant l’index et le pouce, jusqu’aux origines de l’univers, quand l’espace était traversé d’ondes gravitationnelles invisibles, pareilles à celles qui semblent pousser la matière de Giorgio Petracci hors de la toile, atteignant le spectateur et transformant lentement la réalité alentour en vide.

Francesco Spampinato, 2017.

BIO

Depuis sa tendre enfance, Giorgio Petracci utilise la peinture, ainsi que la sculpture sur bois, auprès de son grand père
ébéniste, comme moyens d’expressions artistiques. Après une longue expérience professionnelle en architecture intérieure puis dans le domaine de la création et la réalisation de mobilier sur mesure, Giorgio Petracci se consacre pleinement à la peinture et à la sculpture à partir de 2015.
Son matériau de prédilection est le bois. Le bois sculpté dans sa verticalité, réminiscence de son état naturel, le bois support de sa matière peinte, diluée, superposée.

Dans ses deux disciplines, son œuvre nous renvoie à un paysage minéral et organique en lente mutation. Les points de rupture et d’équilibre sont omniprésents, révélant des fenêtres sur des paysages intemporels. Ces figures abstraites, aux contours mouvants, semblent habitées par une vie
qui leur est propre, bousculent les échelles, laissant libre cours à notre imagination. Giorgio Petracci cherche à capter l’impermanence de la vie, à saisir le temps, facteur inéluctable d’une transformation lente des éléments de la nature.

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Expos à venir:

2019 – Pôle artistique « La Fonderie » / Fontenay-sous-Bois / France – du 24 au 26 mai

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Expos:

2019 – « Antipodes » – Curieuse Galerie, 25 rue de Chanzy – 75011 Paris – du 26 Mai au 6 juillet 2019

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2019 – « Solid State » –  Modern Shapes Gallery – Antwerp, Belgique

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2019 –  » Les Hivernales » – Galerie Grès, 9 rue du Pont Louis Philippe – 75004 Paris – du 24 janvier au 14 février

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2019  – « Fibres » – Galerie atelier l’Oeil Vert, 12 rue Léopold Bellan – 75002 Paris – du 12 janvier au 16 février

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2018 – Galerie Grès / Paris / France

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2018 – « Traversés » – Curieuse Galerie  / Paris /France

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2017 – Le Génie en liberté (Curieuse Galerie) / Paris /France

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2017 – « Traces » – Curieuse Galerie / Paris / France

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2011 – Galerie Fin d’avril / Paris / France

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2002 – Ap-Art Gallery / London / UK

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2001 – ArtBank Gallery / London / UK

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1997 – Galleria Xy  / Bologna / Italy

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1996 – Galleria Xy  / Bologna / Italy